Arrivée à Khovd - La ger-hôtel - Le Khar Us Nuur
Maud et Regis - samedi 25 juin 2005 @ 00:49 - MONGOLIE - #168 - rss
Nous atterrissons à Khovd à 3h40 heure locale (une heure de moins qu'à Ulaan Baatar). Je pars à la recherche de la personne qu'Aéro Mongolia a prévenu pour nous trouver un hôtel, tandis que Régis attend nos bagages. Mais il n'y a pas de tapis roulant.
En fait, il faut payer quelqu'un qui récupère les bagages à notre place. Une fois nos sacs en main nous avons suivi la responsable de Aéro Mongolia à Khovd, qui nous a conduit jusqu'à une ger-hôtel. C'était parfait : une ger rien que pour nous avec un grand lit.
Nous sommes réveillés quelques heures plus tard par des cris d'enfants qui jouent autour de la ger. On nous apporte le petit-déjeuner : de l'eau chaude et des biscuits genre gaufrettes.
En sortant de la ger,
nous découvrons une verdure luisante et fluorescente, traversée par un petit cours d'eau aux flots rapides et chantants. Un peu plus loin se trouve un cours d'eau plus important, le Buyant Gol, que nous traversons en empruntant un pont. Quelques minutes plus tard, nous pénétrons dans la ville de Khovd. Les rues sont désertes. Nous croisons une jeune fille qui marche dans notre direction d'un pas rapide, un arc à la main. Nous lui demandons notre chemin : nous voulons nous rendre au bureau du parc national pour y collecter des infos et pbtenir un permis. Mais nous sommes samedi, et le bureau est fermé. Le bureau des télécommunications est ouvert, mais le coin internet est fermé lui aussi, et ne réouvrira que lundi. Nous décidons de marcher jusqu'au black market où nous devrions trouver un moyen de transport pour le Khar Us Nuur, le lac d'eau noire. Sur notre chemin, nous faisons la rencontre de Purevsuren, un jeune mongol qui parle anglais et qui va nous aider pour trouver une jeep.
Khar Us Nuur se trouve à une quarantaine de kilomètres de Khovd. Nous roulons à peu près une heure. Le lac est immense, mais il est très peu profond et le fond est boueux, ce qui donne à l'eau une couleur sombre d'où son nom : le lac d'eau noire. Au loin on aperçoit d'énormes montagnes, mais aux alentours du lac le paysage est plat et plutôt désertique, sauf en bordure où la terre, suffisamment irriguée, permet à la verdure de se développer. Il n'y a qu'une ger. Espérons qu'ils veuillent bien nous accueillir.
Notre chauffeur descend seul, et après cinq minutes de discussions, nosu sommes invités à pénétrer dans la ger. Nous sommes accueillis par un jeune couple. Elle s'appelle Selenge et lui Patsou. Ils nous demandent seulement 2.500 T chacun par nuit, et cela comprend les repas ! Selenge nous offre un bol de riz cuit dans du lait. Ce n'est pas très bon, mais ce n'est pas mauvais non plus ; disons que ça n'a pas vraiment de goût. Notre chauffeur repart. Nous voilà tout seuls au milieu de nulle part...
En arrivant, nous avons aperçu trois enfants sur des chevaux. Nous supposons donc qu'ils sont cinq à vivre ici. Très vite, nous apprenons que Patsou et Selenge ne sont pas mari et femme ; en fait Patsou (26 ans) est l'oncle de Selenge (17 ans). Tous les deux semblent beaucoup plus âgés qu'ils ne le sont en réalité. Quant aux enfants, les deux plus petits sont les frères de Selenge, et le plus grand nous ne savons pas.
C'est une famille d'éleveurs. Ils possèdent 311 chèvres, 27 vaches et 23 veaux, 170 moutons, 14 yacks et 48 chevaux. Ils avaient aussi 7 chameaux qu'ils ont vendu 200.000 T chacun.
Une des chèvre vient tout juste de mettre bas. Le bébé chèvre est gardé à l'intérieur de la ger tandis que le troupeau broute plus loin. Elle est trop mignonne et toute douce. Son pelage est marron, et ses pattes sont noires ; on dirait qu'elle a enfilé des chaussettes.
Selenge a voulu que j'aille avec elle pour traire les vaches. Elle a insité pour que j'essaie. C'était bizarre. C'est tout dur un pis de vache, et il faut le presser fort pour que quelque chose en sorte.
Ensuite, Régis et moi sommes allés faire un tour au bord du lac. Le vent a chassé les moustiques ; on peut marcher tranquille. Nous avons vu les chevaux qui ont l'air un peu sauvage, et plus loin se trouvait le troupeau de chèvres. Au milieu du lac émerge une bande de terre sur laquelle les oiseaux se rassemblent. Ils sont très nombreux et font un raffu pas croyable.
En revenant vers la ger, nous avons vu une voiture arriver à vive allure. En sortent un jeune homme et un enfant. Un homme qui semble plus âgé est resté à l'intérieur du véhicule. Le jeune homme est Aia (21 ans), frère de Patsou et oncle de Selenge. Nous le reconnaissons car un peu plus tôt, Selenge et Patsou nous ont montré leurs albums de famille. Aia semble agité. Alors qu'il ressort de la ger, Selenge prépare le lit (il n'y a qu'un seul lit dans la ger). Aia revient, portant dans ses bras une femme qui semble âgée. C'est la mère de Aia et Patsou ; elle a 60 ans. Elle paraît endormie, ou évanouie. Il l'allonge sur le lit. S'en suit alors un dialogue entre Selenge et Aia que nous ne comprenons pas, mais dont nous pouvons capter la gravité. Selenge, qui connaît quelques mots d'anglais et qui possède un petit lexique mongol / anglais, a essayé de nous expliquer la situation. La femme est malade du coeur, mais il nous semble que ce soit au sens figuré, car d'après ce que nous avons compris, elle vient de perdre son mari.
Le vieil homme, qui était resté jusqu'ici dans la voiture, nous rejoint dans la ger. Nous ne savons pas quel est le lien de parenté. Peut-être est-ce un frère de la malade. Elle revient à elle. Tout le monde semble rassuré.
Ce soir, Patsou a fait du pain. Après avoir fait la pâte avec de la farine et du lait, il l'a pétrie puis étalée en plusieurs cercels. Chaque cercle de pâte a été enduit d'huile pouis recouvert de sucre, et ensuite de nouveau pétri. Chaque petit pain plat est placé au-dessus du poêle, La cuisson est rapide. Nous les avons dégusté, encore tout chauds, avec de la crème de lait. C'était très bon bien qu'un peu gras et écoeurant à la fin.
Nous passons la soirée ainsi, la vieille femme sur le lit, et nous autres regroupés autour du poêle.
Nous n'arrivons pas à croire que ces 9 personnes vivent ici dans ce petit espace. Et ce soir nous serons 11 à dormir. Selenge nous a installé un matelas dans le "coin de invités". Nous nous sommes couchés les premiers. Eux ce sont installés plus tard sur d'autres matelas. Il fait bien chaud dans nos duvets (trop chaud !) et nous sommes tous serrés les uns contre les autres. A côté de moi s'est endormi un des jeunes, et il m'a donné des coups toute la nuit. Et puis la vieille femme ne va pas bien du tout. Elle parle toute seule à voix haute. Un long monologue plaintif. Elle se lève, attrape un vêtement, et fait mine de vouloir quitter la ger. Un de ses fils se place entre elle et la porte. Elle pleure. Elle avance vers lui. Il la saisit par les épaules et la rasseoit violemment sur le lit en lui criant presque dessus. Plus personne ne dort maintenant. La bougie a été rallumée et soufflée plusieurs fois. Selenge se lève enfin, enfile un manteau, et entraîne sa grand-tante dehors. Enfin nous pouvons nous endormir...











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dimanche 18 décembre 2005 @ 13:00, Minette - #
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