Nous voulons aller dans l'ouest du pays, réputé comme étant la plus belle région. Mais après ces onze jours de route dans le Gobi, nous n'avons pas trop envie d'y aller par voie terrestre ; environ deux mille kilomètres séparent Ulaan Baatar de Khovd. Nous préférons nous y rendre en avion. Nous achetons nos billets auprès de la compagnie Aero Mongolia (des billets hors de prix d'ailleurs). La date de départ est fixée au 24 juin, mais pour celle du retour c'est un peu compliqué car nous n'avons pas encore nos billets de train pour Beijing, et nous devons également tenir compte de la date d'expiration de nos visas. Et comme ça risque d'être un peu juste, nous préférons acheter une extension de visa qui nous laissera une marge de manoeuvre. Ce matin, alors que je dormais, Régis s'est rendu au Ministère des Affaires Etrangères (arrivé là-bas on lui a demandé s'il était diplomate !). La femme a qui il s'est adressé est le premier secrétaire du consul, et elle parte français ! Nous l'avons retrouvée dans l'après-midi, et elle nous a aidé dans nos démarches administratives, ou disons plutôt qu'elle a tout fait pour nous, et que nous n'avons eu qu'à attendre un peu. Nous récupérerons nos passeports demain après-midi.
En attendant, nous nous sommes rendus au Ulaan Baatar Hotel pour acheter nos billets de train pour Beijing, mais on nous a envoyé promener en nous disant que c'était fermé alors qu'il était tout juste 16h, et que le bureau est censé fermer à 18h. Nous n'avons pas d'autre choix que d'aller au "Domestic Railway Ticket Office" qui se trouve à côté de la station de train. Heureusement que Régis a fait un repérage ce matin et qu'il sait exactement où aller, car ici tout est écrit en cyrillic. Nous pénétrons dans le bâtiment et nous rendons au bureau 109 où on nous claque pratiquement la porte au nez ; la dame est en conversation téléphonique. La conversation se termine. Régis ouvre la porte, mais le téléphone resonne et la dame fait signe à Régis de ressortir. Nous restons ainsi derrière la porte du bureau 109 un bon quart d'heure. Quand enfin nous sommes reçus, nous demandons nos billets de train pour le 9 juillet. La dame nous lance un "Passeports !" sec. Nous lui remettons des copies (originaux au Ministère des Affaires Etrangères) et elle saisit nos noms et numéros de passeports dans son ordinateur. Puis elle prend un petit tas de feuilles A4 qu'elle prend bien soin d'aligner en les tapant contre son bureau. Elle les plie en deux, les découpe, replie en deux les demi-pages ainsi obtenues et les découpe, et ainsi de suite jusqu'à obtenir un petit tas de petits morceaux de papier. Il faut préciser qu'elle a pris tout son temps pour réaliser cette opération. Sur un de ces petits morceaux de papier, elle a inscrit quelque chose en mongol et le chiffre 212, puis elle nous a fait signe de monter à l'étage. L'étage en question est un vrai labyrinthe où le bureau 201 est à côté du 203 et seulement après se trouve le 202... bref, on a mis un peu plus de temps à trouver le bureau 212 que si les bureaux avaient été numérotés dans un ordre logique. Au-dessus de la plaque "212" nous pouvons lire "VIP ROOM". On se demande bien pourquoi on nous fait venir à la VIP Room. En face de nous se trouvent deux personnes, un homme et une femme, affairés à imprimer ce que nous supposons être des billets de train. Pendant qu'elle place des carbones entre chaque feuillets des billets, lui insère les billets dans une imprimante, puis appuie sur la touche "Entrée" de son ordinateur pour lancer l'impression. Bien que nous les ayons salués en entrant, ils nous ont ignoré et ont continué leur travail à la chaîne... C'est alors qu'un homme arrive et se montre un peu plus compréhensif. A la lecture de notre petit morceau de papier, il nous fait signe que nous devons descendre. En bas on nous dit d'aller en haut, et une fois en haut on nous dit d'aller en bas. Il faudrait peut-être qu'ils se mettent d'accord ! Nous sommes retourné en bas et avons donné notre petit morceau de papier à une guichetière derrière un long comptoir. Elle nous fait signe d'aller en haut. Ah non ! Cette fois ça suffit ! Après que nous ayons tenté de nous expliquer avec des gestes agacés, elle finit par nous dire "Passeports !" (encore !). Elle imprime alors nos billets de train, puis nous remet un morceau de bande-machine sur lequel figure un montant. Avec ce nouveau petit morceau de papier, nous nous rendons au bout du comptoir, c'est-à-dire à la caisse. Seul hic, nous n'avons pas assez de tögrögs et nous lui proposons de régler en dollars. Mais elle n'en veut pas (ils ne prennent pas non plus les CB) et nous fait signe de nous rendre au bureau de change qu'ils ont eu l'intelligence de placer à l'intérieur du bâtiment. J'attends à la caisse tandis que Régis va au bureau de change. L'heure de fermeture approche, et nous assistons chacun de notre côté à la pause remaquillage / recoiffage. Régis n'a pas de chance : les filles du bureau de change font comme s'il n'était pas là et refusent de le servir. Il est alors allé dans un hôtel tout près mais le distributeur de billets était HS. Il revient furieux. Nous commençons à nous énerver, mais c'est peine perdue puisqu'ici personne ne parle anglais. Tout le monde voit bien que nous sommes en colère, mais personne ne comprend ce qu'on dit, sauf une petite jeune sur qui, nous le regrettons, nous nous sommes lachés. Mais au moins elle nous a aidé, et a indiqué à Régis un bureau de change voisin situé à l'extérieur du bâtiment. Nous avons pu payer nos billets de train in extremis avant la fermeture du bureau. La caissière nous a rendu le petit morceau de bande-machine après y avoir ajouté une annotation à la main. Nous sommes alors retournés auprès de la première femme du comptoir qui nous a remis nos billets de train en échange du petit morceau de bande-machine... Que de monde et de temps il faut pour acheter deux malheureux billets de train !

La journée touche à sa fin. En passant chez UB Guest-House pour utiliser internet, nous avons revu Caroline que nous avions rencontrée avant-hier à Kharkhorin. Nous sommes allés dîner tout les trois, et avons terminé la soirée au "Bistrot Français" qui donnait une soirée spéciale "Fête de la musique". Il n'y avait pas une folle ambiance, mais il faut dire que nous sommes arrivés quand les musiciens pliaient bagage.

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